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Jeudi 20 août : Le Bleymard / Le Pont-de-Montvert, 18 km
Le chemin de Stevenson regagne bien vite les grands espaces aériens avec l'ascension septentrionale du Mont Lozère. Ascension plutôt banale mais malgré tout ardue jusqu'à la station du Mont Lozère, à 1416 mètres.
D'après notre topoguide (et d'après ce que j'ai cru comprendre), c'est au sortir de la forêt que se situe la ligne de démarcation des eaux : les unes vers le Lot et l'Atlantique, les autres vers l'Altier et la Méditerranée.
Le décor change alors, radicalement. Après les monts habillés d'arbres, des croupes dénudées ; après les couleurs tranchées et sombres des forêts, le mauve des bruyères, le vert jauni de l'herbe brûlée par le soleil, le gris doux des rochers sous le bleu pâle du ciel. Et ce vent qui ne cesse de souffler.
Nos pas suivent la draille _ très ancienne voie de communication à travers les Cévennes empruntée
par les troupeaux bien avant les randonneurs_ et sont guidés par les montjoies, ces grandes pierres fièrement dressées par les Anciens pour baliser les itinéraires. Toujours sous ce vent incessant et cinglant, nous atteignons le Pic de Finniels (1699 mètres), point culminant du Mont Lozère et de notre randonnée. De là, l'ondulation des crêtes et des vallées se perd dans une brume bleutée ; au nord s'estompent les paysages que nous avons déjà parcourus, au sud se dessinent les Cévennes et nos futurs efforts.
Le chemin de Stevenson n'est plus qu'une longue descente jusqu'au Pont-de-Montvert, à 892
mètres, au pied du Tarn. L'autre versant est moins venteux et les pins reprennent leurs droits. A la sortie des bois, au lieu de suivre le GR70 descendant jusqu'à Finiels, nous décidons de poursuivre tout droit jusqu'au Roc de Montal, où nous découvrons un endroit caché abrité du vent et du soleil par un gros rocher, duquel nous jouissons d'une vue extraordinaire sur les crêtes alentours et le paysage étonnant d'éboulis et de hautes herbes jaunies. Un petit coin de paradis où, seuls au monde, il fait bon lire et se détendre.
Il nous faut pourtant repartir et couper à travers champs pour rejoindre le GR au lieu-dit Rieumal, qui nous mène tranquillement au Pont-de-Montvert en fin de journée. Un petit hôtel dans le plus pur style années 70 nous y attend aux bords du Tarn.
En atteignant Le Pont-de-Montvert, on rentre de plein pied dans le Pays Camisard et ce, jusqu'à St-
Jean-du-Gard. Le Pont-de-Montvert revêt une importance toute particulière pour Stevenson car c'est ici même qu'éclata la guerre des Camisards, en 1702, avec l'assassinat, par l'un des principaux meneurs des camisards Pierre Séguier (dit Esprit), de l'abbé du Chayla (qui retenait prisonnier des camisards), puis l'exécution de ce même Esprit Séguier. Elle prit fin en 1710 avec l'exécution d'Abraham Mazel, autre chef camisard, mais le pays resta profondément protestant. Cassagnas (que nous traverserons plus tard) est d'ailleurs l'une des rares communes françaises à ne posséder aucune église mais un temple.
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Dernière connection le :
13 Décembre 2011 à 12h17
Membre depuis Mai 2009
Randonneur et photographe & vidéaste amateur qui aime partager sa passion pour les voyages en France et dans le monde.