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Les Carnets de Voyages de Nico: Mont Saint Michel

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Le Mont Saint Michel (suite)

6)    Le déclin de l’abbaye


En 1516 est signé par le Pape et François Ier un concordat (Larousse : « convention entre le Saint Siège et un état souverain réglant les rapports entre l’Eglise et l’Etat »), instituant la commende : les abbés ne sont ainsi plus élus par les moines mais désignés par le pouvoir royal ; de même, ils ne résident plus dans les monastères mais en perçoivent néanmoins les revenus. De ce concordat découle une période de relâchement de la part des moines, qui ne sont plus guidés par leur abbé toujours absent. En 1622 néanmoins, l’abbaye du Mont est rattachée à la congrégation de Saint-Maur, dont les moines fort pieux et très cultivés rétablissent pour quelques décennies un renouveau spirituel et intellectuel. Malheureusement, ils sont aussi responsables de la destruction de certaines parties du bâtiment ainsi que de leur réaménagement très spécial, du fait d’un manque d’entretien de leur part.

7)    La Révolution


Sous la Révolution, l’abbaye devient prison : Avranches perd son évêché en 1790, alors que l’abbaye, du fait de la suppression des ordres monastiques, est fermée en 1791 et transformée en prison en 1793. C’est à cette date que seront incarcérés plus de 300 prêtres réfractaires à la constitution civile du clergé. Ce n’est néanmoins pas la première fois que le Mont sert de prison : à la fin du XVe siècle, une partie des bâtiments est transformée par Louis XI en prison d’Etat, les prisonniers sous l’Ancien Régime étant majoritairement des jansénistes ou des pamphlétaires. Sous la Révolution, le Mont est une prison de droit commun ou une prison politique. Les bâtiments sont réaménagés pour accueillir jusqu’à 800 détenus et leur fournir du travail : des ateliers de tissage, de fabrication de chapeaux, de chaussures… Les salles sont divisées en compartiments et réparties en plusieurs étages. En 1794, un télégraphe est installé au sommet du clocher. A part le chœur de l’église resté intact du fait du maintien de son rôle religieux, tous les bâtiments sont modifiés mais néanmoins entretenus, ce qui leur a permis de ne pas tomber en ruine. La prison est fermée en 1863 par décret impérial.

8)    La restauration


Malgré l’entretien et les travaux effectués par l’administration pénitentiaire, l’abbaye du Mont est en très mauvais état à la fermeture de la prison et certaines parties sont écroulées. En 1872, la Commission des Monuments Historiques charge l’architecte Édouard Corroyer, élève de Viollet-le-Duc (qui d’ailleurs visita le mont en 1835), de rénover les monuments. Les travaux, qui débutent en 1873, sont principalement subventionnés par le Ministère de l’Instruction Publique et des Beaux-arts ; l’abbaye est classée Monument Historique en 1874. Édouard Corroyer s’attelle particulièrement à la restauration du cloître et du réfectoire, ainsi qu’à la consolidation des bâtiments romans de l’ouest. Il est révoqué en 1888, jugé trop intransigeant dans ses restaurations, lui qui prône le principe de l’unité de style. C’est Victor Petitgrand qui prend sa suite ; il est surtout connu pour la reconstruction de la tour de l’église, sur laquelle il érige en 1897 une flèche couronnée d’une statue de Saint Michel terrassant le dragon, d’après une maquette d’Emmanuel Frémiet. Statue comprise, le Mont culmine à plus de 150 mètres au dessus du niveau de la mer. Paul Gout remplace Victor Petitgrand à sa mort en 1898 et se consacrera lui aussi à la restauration du Mont jusqu’à sa propre mort en 1923.

9)    L’avènement du tourisme


Deux ans après la fermeture de la prison, l’abbaye est de nouveau ouverte aux pèlerins, ce qui relance les pèlerinages. C’est à cette période que se développe le tourisme, qui prend peu à peu le relais des activités traditionnelles (à savoir la pêche artisanale, la pisciculture et l’élevage). Les auteurs et les peintres du XIXème siècle, tels Guy de Maupassant ou Victor Hugo, sont attirés par le site exceptionnel du rocher. Une digue construite en 1879 puis le tramway installé en 1901 concourent au développement du tourisme : alors qu’à peine dix mille personnes visitent le Mont en 1860, elles sont cent mille en 1910. Ainsi, les visiteurs ne sont plus seulement des pèlerins mais surtout des visiteurs attirés par la baie. Les habitants du village ouvrent boutiques de souvenirs, hôtels et restaurants. La Mère Poulard, avec sa fameuse omelette, devient à la Belle Epoque le personnage le plus célèbre du Mont Saint Michel et sons succès ne s’est pas démenti depuis.
En 1979, l’UNESCO inscrit le Mont Saint-Michel au patrimoine mondial de l’humanité. Aujourd’hui, le Mont reçoit plus de 3 millions de visiteurs par an et jusqu’à 20 000 visiteurs par jour en période estivale, ce qui en fait le troisième site le plus visité en France après la tour Eiffel et le château de Versailles.

10)    Renaissance religieuse


En 1966, à l’occasion de la célébration du millénaire monastique sous l’égide d’André Malraux, plusieurs monastères bénédictins envoient des moines séjourner un temps dans l’ancien logis abbatial. Une fois l’année écoulée, une poignée de moines est restée, accueillant pendant près de 35 ans les pèlerins de tous horizons et permettant la restauration d’une communauté plus importante. Après le départ des Bénédictins en 2002, les Frères et les Sœurs des Fraternités Monastiques de Jérusalem assurent une présence spirituelle, perpétuant ainsi la vocation première du Mont Saint Michel.

 


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Nico

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Randonneur et photographe & vidéaste amateur qui aime partager sa passion pour les voyages en France et dans le monde.

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